LA DANSE DES MASQUES À TOESSIN

La fête des masques de Toessin a lieu chaque année après les récoltes de juin. Il s’agit d’une fête populaire qui dure trois jours. Toessin est un village situé au nord-ouest du Burkina Faso, sur l’axe routier Yako – Koudougou.

Dans ce village vivent quatre grandes familles dont chacune possède au moins trois masques. Ces masques sont fabriqués à base de fibres végétales, avec des têtes en bois sculpté représentant des animaux sauvages tels que le singe, le lion, le buffle. Ils sont gardés toute l’année dans une case spécialement conçue pour eux. Sous peine de devenir fou, on ne doit jamais dire de ces masques qu’ils ont des créatures humaines. Ce sont seulement de nombreuses immolations d’animaux de la part des anciens qui peuvent alors aider à recouvrer la raison.

Les villageois voient en ces masques des messagers de leurs ancêtres qui, en se mêlant à la danse, prennent part à la fête. Les masques sont donc des intermédiaires entre eux et les aïeux qui les protègent de tout sort maléfique. Tous les conflits entre individus ou entre familles sont réglés pendant cette fête. Les villageois se rassemblent selon les groupes d’âge, à l’ombre des arbres où la bière de mil, le dolo, leur est servie gratuitement. Avant la danse proprement dite des masques, les anciens, venus des villages voisins et ceux de Toessin, immolent des animaux aux mânes des ancêtres.
Ensuite, apparaissent les masques : ceux de la famille ILY en premier lieu car les ancêtres de cette famille furent les premiers habitants du village. Puis c’est le tour des masques des autres familles, dans l’ordre respectant la date d’arrivée au village. Les trois jours durant, masques et villageois dansent du lever au coucher du soleil. A la tombée de la nuit du troisième jour, les masques retournent dans leurs cases où seuls les anciens et les initiés ont le doit de les accompagner.

En dehors de cette fête, les masques n’ont le droit de sortir de leurs cases que quand une vieille personne meurt. Ils dansent alors juste avant son inhumation pour lui dire adieu.

Thomas ILY
In ETUDES GERMANO-AFRICINES N° 18 / 2000
(ce texte a été retenu par les inspecteurs de l’enseignement secondaire du Burkina Faso et figure dans le curriculum de français, niveau 5ème)

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